
La lutte contre le Sida au Bénin constitue un véritable fonds de commerce pour des responsables avides de gain facile. La célébration de cette hérésie humaine étale au grand jour l’ampleur de cette aberration scandaleuse.
(Photo Issifou Takpara, ministre de la santé)
Pendant vingt et un (21) ans, l’humanité a consacré une journée à la lutte contre le Sida. L’Onu en a fait une préoccupation particulière, compte tenu des dégâts que cette pandémie cause au processus de développement dans les pays à forte prévalence. Elle créa l’Onusida. Cette dernière est représentée dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Bénin, pays à fort taux de corruption selon plusieurs organisations internationales indépendantes y compris les récents rapports du célèbre « US Country Report ». Un Fonds mondial a été aussi créé pour financer la lutte contre le mal du siècle. Les gouvernements ingurgitent des milliards pour limiter les affres de la maladie. Malheureusement, le Sida sévit toujours et continue de creuser le gap entre pays en développement et pays riches. Une mafia est même opérationnelle, comme pour pérenniser le spectre de la mort lente et programmée.
La mafia à l’œuvre
La pègre budgétivore et assassine semble se réjouire du malheur des malades. De l’irrationnel entretenu par des gesticulations à l’occasion de marches, concerts et des séances de sensibilisation qui prennent l’allure d’une véritable fête. Comment peut-on célébrer une maladie ? Jusqu’à quand l’émotion et la sensiblerie seront-elles érigées en pratique quotidienne pour distraire l’opinion publique ? Le ballet des véhicules haut de gamme tels que les 4x4 rutilants de marques Bmw, Mercedès, Navigator, Jaguar, Pathfinder etc impressionne à plus d’un titre. Malgré cet étalage ostentatoire du luxe au nez et à la barbe des personnes vivant avec le Vih (Pvih), ces derniers continuent de se plaindre des conditions de vie exécrables qui sont les leures. Le show médiatique sur fond de réthoriques creux et de grimaces auquel s’adonne la mafia rappelle le réflexe de Pavlov. Ces auteurs d’homicide volontaire ne luttent pas contre la pandémie mais ils sauvent leur fonds de commerce en voilant la réalité à l’opinion publique nationale. Entre temps, le nouveau directeur de l’Onusida au Bénin a annoncé une évaluation pour donner de la visibilité aux efforts financiers. Selon des indiscrétions, plusieurs centaines de millions seraint engloutis dans des dépenses inutiles et improductives, pendant que les malades manquent du minimum. Jusqu’à quand cette mafia va opérer impunément ? Mystère !
Roméo KOKOU
Le 03/12/2008