
Après avoir mis en œuvre un plan machiavélique de diabolisation de la fine fleur du personnel du Fagace pour distraire l’opinion publique sur sa gestion scabreuse de l’Institution, Libasse Samb se retrouve seul, abandonné par ses sbires, devant son sort.
Violences, licenciements abusifs, dénonciation calomnieuse, manipulation de la presse, mensonges aux Instances dirigeantes, tout a été bon pour maintenir le fameux Directeur Général en poste pendant que ce qu’on lui reproche crève les yeux. Mais comme on ne peut tromper tout le peuple tout le temps, le Conseil d’Administration du Fonds a sonné le glas de ce prédateur et tyran des temps modernes.
Le verdict est tombé le jeudi 12 novembre 2009 à l’issue des assises du Conseil d’Administration tenues au siège du Fonds à Cotonou : Libasse Samb est relevé de ses fonctions pour fautes lourdes !
De sources dignes de foi, voici ce que le récent audit de gestion reproche au Directeur Général déchu :
- une distraction avérée des ressources financières de l’Institution avec en point de mire le détournement d’un Milliard de francs CFA subtilisés de la caisse du Fonds par différents procédés rocambolesques;
- une vaste machine de corruption créée dans la gestion du portefeuille du Fonds;
- un abus de pouvoir vis-à-vis du personnel dont le ver d’eau qui fera déborder le vase est le tripatouillage de l’évaluation du personnel qui a précédé les licenciements abusifs et sans liquidation des droits de vingt (20) agents du Fagace ;
- la non observance des décisions et recommandations des Instances ;
- les augmentations anarchiques de salaire au personnel à la solde du Directeur Général juste après des licenciements rocambolesques ;
- la poursuite de la pratique des missions onéreuses et totalement inutiles pour l’institution ;
- le recrutement de stagiaires avec attribution d’allocations financières pendant que le Fonds ne mène aucune activité ;
- l’indélicatesse du Fonds vis-à-vis de la Cnss et de Fececam, deux structures béninoises qui ont placé des fonds auprès du Fagace, toute chose qu’elles peinent à recouvrer.
Rappelons que Le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique (Fagace) est un établissement financier public appartenant aux Etats africains suivants : Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Centrafrique, Côte-d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Rwanda, Sénégal, Sierra Léone, Togo.
Vieille de 32 ans à ce jour, cette institution régionale est aujourd’hui ébranlée dans sa structure par la faute de l’homme qui préside à sa destinée depuis 2001, Libasse Samb de nationalité sénégalaise.
Une bonne frange du personnel, en refusant la compromission avec ce criminel financier de l’espèce de Bernard Madoff, a été contrainte au sacrifice de sa carrière. Et pour cause ! Le Directeur Général du Fagace a pensé pouvoir conjurer les démons qui hantent l’institution en s’en prenant au personnel qui n’en est pour rien. Or ces démons ont pour nom :
· une mauvaise gestion du portefeuille sur fond de corruption ;
· l’inobservance des procédures ;
· des recrutements à tour de bras ;
· une indiscipline budgétaire notoire ;
· un salaire inconséquent du Directeur Général (12.000.000 FCFA/mois) ;
· une légèreté manifeste à disposer personnellement, sans limite, des ressources financières du Fonds ;
· des ponctions frauduleuses opérées directement sur les comptes du Fonds par le Directeur Général à des fins personnelles ;
· une économie de vérité criarde vis-à-vis des Instances ;
· un management par procuration et des manœuvres dilatoires.
Face à cette situation qui a conduit l’Institution à un déficit de plus de 7 milliards de FCFA en 2007 et bien d’autres dizaines de milliards de FCA de perte sur les 3 années à suivre, le Conseil d’Administration a adopté un plan de redressement en novembre 2008, avec à la clef une réduction des charges et des licenciements économiques. Mais, force est de constater qu’en lieu et place de ce plan, le Directeur Général, qui aurait dû répondre de sa mauvaise gestion devant les instances, s’est plutôt engagé dans une politique de manipulation, de règlement de comptes, aux seules fins de se maintenir en poste, en dépit de ses dérives notoires et d’une baisse plausible de ses capacités physiques et intellectuelles. Pour y arriver, de manière préméditée, il a commencé par militariser l’institution, suspendre arbitrairement et sans motif huit (8) cadres pour un mois et intimider la presse nationale dont votre. Et il finit par licencier début avril les 6 Béninois du groupe ciblé, après avoir compressé de façon rocambolesque douze autres agents deux semaines plus tôt, en tripatouillant l’évaluation du personnel recommandée par les Instances à cet effet. En octobre 2009, le crime est parfait : il finit par licencier les deux expatriés qui faisaient partie du groupe des huit cadres suspendus de mars.
Votre journal a, en son temps, avait fait état du caractère inhumain du traitement fait par le Directeur Général aux agents suspendus et licenciés (recours à la police, humiliation, interdiction d’accès à l’institution qu’ils ont loyalement servie pendant des années, non observance de la volonté des instances à accorder des mesures aux agents déflatés, non liquidation des droits de licenciements, pression à l’encontre des cadres bénéficiant de privilèges diplomatiques (remise illico-presto des plaques minéralogiques des véhicules et des cartes diplomatiques).
Quelle ne fut pas notre surprise face à l’acharnement dont nous avons été victimes de la part de Libasse Samb et de ses chiens de garde. En effet, après avoir vainement tenté de nous corrompre et de nous intimider par le truchement de deux avocats du barreau béninois, ils sont passés à la vitesse supérieure en déposant contre nous deux plaintes. Une première fois devant l’Observatoire de déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) et une seconde fois devant la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) sous le fallacieux prétexte que votre journal nourrissait et entretenait contre Libasse Samb de la xénophobie et des accusations non fondées. Fort heureusement, les faits nous donnent aujourd’hui raison et prouvent une fois de plus que nous avons toujours été préoccupés par la vérité et que les tentatives d’intimidation, d’où qu’elles viennent, ne sauraient avoir raison de notre souci de professionnalisme. En définitive, Libasse Samb et ses acolytes aurons appris à leurs dépens que, quoi qu’on dise de la presse béninoise, elle reste l’une des plus libres et des plus professionnelles de la sous-région ouest-africaine voire de toute l’Afrique et qu’il ne sert à rien de vouloir la museler ou l’intimider. Pour une manifestation totale de la vérité, nous nous ferons le devoir de revenir en détail, épisode après épisode, sur l’ensemble du feuilleton du passage de Libasse Samb à la tête du Fagace.
FA
Le 16/11/2009