
Malgré les évidences de sa gestion calamiteuse attestée par l’audit commandité par le Conseil d’Administration du Fagace, l’ex-Dg du Fonds et ses acolytes continuent d’user de l’unique arme qui les avait servis par le passé : la désinformation. Tant qu’ils persisteront dans cette voie, votre journal se réservera le droit d’apporter dans les moindres détails, les preuves de leur mauvaise foi et de leur duplicité.
Qu’il vous souvienne qu’au temps fort de la crise du Fagace, sa direction générale s’était illustrée par une série de sorties médiatiques tendant à rétablir l’ordre, alors qu’il s’agissait de tordre le cou à la vérité. A l’époque, les auxiliaires de Libasse Samb (Photo) le présentaient comme le Directeur général le plus consciencieux et le plus efficace que le Fonds n’ait jamais connu. Nonobstant les preuves indubitables de mauvaise gestion relevées à son encontre par le Conseil d’Administration sur la base des résultats du cabinet d’audit BEKOLO & PARTENERS, il s’ingénie à vouloir tirer le drap de son côté. Ce qui relève d’une mauvaise foi.
Des décisions du Conseil d’Administration et des prérogatives du nouveau Dg
Au cours de sa session extraordinaire tenue à Cotonou le 12 septembre 2009, le Conseil d’Administration du Fagace a pris d’importantes décisions dont notamment la Décision N° 01/01EX/CAF/FAGACE/09/Cotonou portant suspension du Directeur Général (Voir Fac-similé N°1) et la Décision N° 02/ 01EX/CA /FAGACE/09/Cotonou portant désignation d’intérimaire au poste de Directeur général (Voir Fac-similé N°2).
Si la première décision précise les raisons profondes qui sous-tendent la suspension de Libasse Samb (on y parle de suspension « …de toutes ses fonctions pour fautes lourdes »), la seconde étale les attributions du Dg intérimaire Henri Marie J. Dondra ; attributions qui mettent en exergue le détail des « fautes lourdes » relevées contre Libasse Samb.
La désinformation continue
Dans leurs parutions d’hier, certain de nos confères ont publié, assurément de bonne foi, des articles qui présentaient Libasse Samb comme le plus performant des Directeurs généraux de l’institution. De sources dignes de foi, et les preuves existent pour l’attester, c’est le maître à penser de l’ex-Dg/Fagace qui aurait induit nos confrères en erreur.
La décence recommande-t-il qu’on entretienne le flou lorsqu’on a été limogé, pardon suspendu, comme Libasse Samb l’a été ? Quand un Dg a été suspendu pour « faute lourde », il devrait se taire, avoir le profil bas pour espérer la compassion de la hiérarchie pour peut-être rebondir un jour. Mais nous voici, dans le cas d’espèce, en présence de prétendus cadres qui préfèrent s’adonner à la guerre des mots et refusent de regarder la réalité en face. Suspendu ou limogé, Libasse Samb l’a été mais pour « faute lourde ». Et ceci contraste indubitablement avec l’image de bon gestionnaire et de manager moderne qu’il revendique. Comment peut-il alors se prévaloir d’avoir sorti le Fagace de la déliquescence dans laquelle végétait l’institution avant sa prise de service en tant que, si l’on sait qu’avant d’accéder à ce prestigieux poste, il avait successivement occupé les postes de Chef service administratif et de Directeur administratif et financier ; et qu’à ce titre, c’est lui qui s’occupait quasiment et de façon autoritaire du recrutement et orientait le Directeur Général d’alors sur des voies de gestion tortueuse ? Si comme ses services occultes l’ont fait gober à nos confrères le Fagace ne disposait pas de plan de restructuration et de plan stratégique, ça ne pouvait donc être que par la faute de Libasse Samb.
Quant au détournement de la rondelette somme d’un milliard de F CFA que Libasse Samb et ses complices ont tenté de classer au registre des facilités de prêts que la législation en vigueur au Fagace accorderait, sans limitation, aux Directeurs généraux de l’institution, il convient d’apporter des précisions. Cette disposition existe, certes, mais elle est bien circonscrite et précise la quotité au-delà de laquelle ne peut aller aucun agent de l’institution. En effet, il n’est possible à aucun agent du Fagace de s’octroyer un prêt au-delà de 45% de son salaire. Et lorsqu’on calcule, sur la base du salaire déjà considéré comme trop faramineux (12 millions par mois) de Libasse Samb, le nombre de mois (25 au maximum) qu’il lui restait à passer à la tête de l’institution s’il n’avait pas été suspendu le 12 novembre dernier, rien ne saurait justifier la dette du milliard de FCFA. A supposer même qu’il en ait le droit, pourquoi n’a-t-il pas honoré ses engagements vis-à-vis des modalités de remboursement qu’il a lui-même définies (Voir Fac-similé N°3), puisque après le dead line du dimanche 15 novembre, Libasse Samb n’a libéré le moindre copeck ?
Toujours au nom de la désinformation, il est reproché au Conseil d’Administration d’avoir outrepassé ses prérogatives en suspendant l’indélicat Dg. Là encore, le service de communication de l’ex-Dg a fait économie de vérité. Ou bien il a fait preuve de mauvaise foi, soit il étale au grand jour sa méconnaissance des textes fondateurs du fonds. Car, conformément au point 8 de l’Article 18 de la Convention portant statuts du Fagace et au titre des pouvoirs du Directeur général, il est bien précisé que le Conseil d’administration a le pouvoir de suspendre le Dg : « Il (le Directeur Général) peut être suspendu par le Conseil d’Administration et révoqué par le Conseil des Gouverneurs, pour faute lourde ». C’est la preuve que pendant tout son séjour à la tête de l’institution, Libasse Samb ne s’est préoccupé que de la mise au point de stratégies de son démantèlement que de sa véritable connaissance en vue de mieux la gérer.
Enfin, se basant sur on ne sait quelles dispositions, Libasse Samb et ses thuriféraires brandissent la peur de la délocalisation du siège du Fagace et en appellent à l’intervention du gouvernement béninois. Mais ce qu’ils oublient est que l’Etat béninois n’est nullement complice des contre-performances du Fonds encore moins des magouilles de son ex-Dg. Par ailleurs, il est aujourd’hui paradoxal qu’ils en appellent au gouvernement alors même qu’ils ont usé de tous les stratagèmes pour que les appels au secours des employés de l’institution ne parviennent jamais aux oreilles du Dr Boni Yayi. Au besoin, nous reviendrons, preuves à l’appui, sur le sous-marinage de certains collaborateurs du chef de l’Etat qui, de connivence avec la Direction générale du Fagace, ont empêché Clément Houémavo de se faire écouter par qui de droit.
Des « fautes lourdes » de Libasse Samb
En vue de dissuader le Conseil d’administration de donner une suite favorable aux dénonciations de mauvaise gestion de Libasse Samb, sa cellule de communication avait insidieusement présenté sa gestion comme la plus parfaite et la plus idoine qui soit. Aujourd’hui, les résultats de l’audit prouvent le contraire et établissent la mauvaise gestion la plus abjecte qu’ait connue l’institution depuis sa création. Il s’agit principalement des irrégularités ci-après :
- une distraction avérée des ressources financières de l’Institution avec en point de mire le détournement d’un Milliard de francs CFA subtilisés de la caisse du Fonds par différents procédés rocambolesques (voir Fac-similé N°4 qui explique comment sous l’instigation de Libasse Samb, 43 millions de F CFA ont été retirés en espèce du compte de l’institution et versés sur son compte le même jour, à quelques minutes près entre le retrait et le versement);
- une vaste machine de corruption créée dans la gestion du portefeuille du Fonds;
- un abus de pouvoir vis-à-vis du personnel dont le verre d’eau qui fera déborder le vase est le tripatouillage de l’évaluation du personnel qui a précédé les licenciements abusifs et sans liquidation des droits de vingt (20) agents du Fagace ;
- la non observance des décisions et recommandations des Instances ;
- les augmentations anarchiques de salaire au personnel à la solde du Directeur Général juste après des licenciements rocambolesques ;
- la poursuite de la pratique des missions onéreuses et totalement inutiles pour l’institution ;
- le recrutement de stagiaires avec attribution d’allocations financières pendant que le Fonds ne mène aucune activité ;
- l’indélicatesse du Fonds vis-à-vis de la Cnss et de Fececam, deux structures béninoises qui ont placé des fonds auprès du Fagace, toute chose qu’elles peinent à recouvrer.
Voilà ainsi étalé quelques aspects de la gestion scabreuse du Fagace par le Sénégalais Libasse Samb. Nous y reviendrons.
Faustin B. ADJAGBA
Le 19/11/2009