‘’Lorsque l’intelligence déserte le forum, la médiocrité s’installe et tout finit en dictature’’, disait un éminent homme politique, collaborateur de l’actuel Chef de l’Etat, pour fustiger la gestion de la République du Bénin sous l’idéologie marxisme-léninisme. Mais en bientôt cinq ans sous le changement, la médiocrité et le mensonge deviennent le mode de gouvernance par excellence.
Le régime dit du changement, dans quelques mois, présentera au peuple béninois son bilan de gestion des affaires de l’Etat. Une brève analyse et un regard rétrospectif permettent de noter un écart entre l’ambition prônée et les actes des gouvernants.
Le changement que le citoyen lambda pensait en agonie s’est finalement noyé dans la mer de la médiocrité et du mensonge dont les conséquences immédiates sur le vécu des béninois sont le désespoir et la désillusion.
Cinquante deux mois de pratique du changement et les difficultés qui en découlent donnent l’impression au peuple de passer une éternité dans les profondeurs de l’enfer, tant les miracles attendus pour l’émergence se sont progressivement transformés en mirages.
Lorsqu’on se réfère au programme de société du chantre du changement, il était absolument impossible pour les compatriotes d’imaginer que durant quatre ans, Boni Yayi pouvait présenter un bilan aussi négatif que catastrophique dans la mesure où les traits caractéristiques de l’homme qu’on faisait miroiter au peuple laissaient transparaître sa capacité à atteindre des objectifs nobles pour le développement du pays. Il était question de faire du Bénin un pays émergent, démocratique, uni dans la diversité, paisible et solidaire où règne le partage. Mais la réalité contraste malheureusement avec l’ambition du Chef de l’Etat. Le développement a laissé place à la médiocrité à telle enseigne que le peuple ne se retrouve plus dans l’idéologie chantée à cor et à cris en 2006. Les orientations stratégiques de développement et la formulation des stratégies de croissance pour la réduction de la pauvreté ont fait place à la navigation à vue.
En si peu de mois de gouvernance, il est aisé de remarquer qu’en dehors du projet Cen-Sad qui refait surface avec le mémorandum de Soulé Lawani, Boni Yayi n’a pas pu apporter grand-chose, quasiment rien de nouveau ni dans le vécu du peuple, ni pour l’émergence du Bénin. Des projets de développement à savoir l’amélioration du réseau routier, l’engagement des réformes au Port de Cotonou à travers le Millénium Challenge Account (Mca), les Micro crédits aux plus pauvres, l’amélioration de la production vivrière à travers la mécanisation de l’agriculture etc.… dont le gouvernement réclame la paternité existaient bien avant 2006. Dans ces conditions, qu’est-ce que le changement a véritablement apporté de nouveau dans la vie du peuple ? Plus grave, à quelques mois de la fin du premier quinquennat de l’homme du changement, les compatriotes s’étonnent de ce que le mensonge fait aussi partie intégrante de la gestion du régime.
En effet, en justification des malversations orchestrées dans l’organisation de la Cen-Sad, Boni Yayi en direct sur la chaîne nationale, disait : ‘’ je ne suis pas coupable, mais responsable’’. De même, dans le dossier ICC-Services, les thuriféraires du changement ont, par monts et vallées, démontré que ni le gouvernement, ni Boni Yayi n’étaient au courant du scandale qui a ruiné les populations toutes catégories confondues. Mais les dernières révélations de Lawani et la correspondance entre le préfet des départements de l’Ouémé-Plateau et les responsables des structures bancaires, sur instruction du Ministre de la Décentralisation, au nombre desquelles figuraient en bonne place ICC-Services et Suram Angel, publiée hier par la presse démontrent que 52 mois durant, la gestion des affaires de l’Etat ne s’est pas souvent faite dans la droiture.
Le masque est enfin tombé, mettant à nu les dessous de la gouvernance Yayi. Au regard des faits qui ne dédouanent plus mais enfoncent davantage le Chef de l’Etat au cœur des scandales qui pleuvent sur le Bénin, l’observateur de l’évolution de l’actualité tend de plus en plus à donner raison à l’opposition qui prône l’alternance au sommet de l’Etat.
Félix OTENIA
Le 27/08/2010