Le marché béninois est inondé depuis des années de médicaments contrefaits vendus à la sauvette et à très moindre coût. Malgré les différentes politiques de lutte pour enrayer ce commerce illicite, le phénomène persiste. Un changement de stratégies dans la lutte s’avère nécessaire.
Les médicaments contrefaits continuent de circuler dans les marchés et sur les étalages des détaillants. Les vendeuses ambulantes, malgré les mesures d’interdiction, arpentent les rues avec leur poison à la recherche de potentiels clients. Au niveau de l’esplanade du Stade de l’Amitié, elles ventent les ‘’bienfaits’’ de leurs nocifs produits au vu et au su de ceux qui sont chargés de mener cette lutte.
Les sensibilisations et actions coercitives très sporadiques de la Direction des pharmacies n’ont jamais permis de venir à bout des commerçants et les bonnes dames des marchés béninois. Après plusieurs années de lutte, il apparaît clairement que les méthodes utilisées pour dissuader ‘’les marchands de la mort’’ sont inefficaces et dépassées.
De l’avis des milieux sanitaires, il est démontré que ces médicaments sont à la base de plusieurs maladies dont l’insuffisance rénale due le plus souvent aux calculs rénaux, conséquence de la non dissolution des grosses molécules de ces médicaments contrefaits. D’où la nécessité de prendre des mesures hardies pour sauver les couches les plus défavorisées qui, faute de moyens financiers adéquats, sont exposées aux méfaits de ces médicaments.
Malgré l’appel de Cotonou initié par l’ancien Président Français Jacques Chirac, par le biais de la fondation qui porte son nom, et dont le but est de poursuivre la mobilisation des acteurs pour élaborer, à un niveau international, une réponse juridique globale au problème global que constitue le commerce des faux médicament, le constat est malheureusement désolant sur le terrain. L’ambition première des organisateurs de l’appel de Cotonou n’a pu être atteinte. Leur ambition de faire collaborer la société civile et les services de l’Etat pour cause de santé publique est restée à l’étape de désirs exprimés et manifestés. Conséquences, les populations continuent de s’approvisionner dans les ‘’pharmacies trottoirs’’.
Au regard de l’expansion de ce commerce, il urge que de nouvelles stratégies de lutte soient élaborées pour endiguer le phénomène. Une action en direction des frontières et un suivi régulier de résolutions hardies mais quantifiables contribueront à venir à bout de ce dangereux commerce.
Félix OTENIA
Le 01/12/2010