Colère, déclarations de guerre et menaces ! Tel est le lot quotidien que subissent les entrepreneurs ayant à charge la construction des infrastructures publiques de la part des autorités politico-administratives à divers niveaux. Les images et sons de ces scènes de violence gratuite que les médias audiovisuels relaient dans l’opinion ont non seulement montré leur inefficacité mais ont tout l’air d’un cirque qu’il urge d’arrêter pour passer aux choses sérieuses.
En cinq ans de changement, Boni Yayi et ses différents ministres qui ont eu à manager des constructions d’infrastructures publiques ont adopté une méthodologie inefficace dans le suivi des chantiers.
En effet, que ce soit le Président de la République lui-même, ses ministres, ses Conseillers ou Chargés de mission, ils se sont tous illustrés par des invectives à peine voilées vis-à-vis des entrepreneurs indélicats, sans pour autant parvenir à leur faire respecter les cahiers de charges. Conséquence : nombreuses sont les sociétés récidivistes dans le non respect des cahiers de charges et la non livraison à temps des chantiers à qui nos autorités continuent de confier de nouveaux chantiers.
Alors qu’on pensait que la méthodologie allait changer à l’ère de la
« refondation », c’est au même spectacle que nous donnent à voir les nouveaux ministres de Yayi II. Du titulaire des travaux publics à tous les autres ministres dont les départements sont actuellement impliqués dans la construction d’infrastructures publiques, la démarche de suivi est la même.
« Quand devez-vous finir les travaux ? » « A quel taux de couverture êtes-vous actuellement ? » « Pourquoi les travaux traînent ? » « Je vous donne deux mois pour livrer l’ouvrage». « Avec moi, plus d’éléphant blanc ». Voilà le registre dans lequel évoluent malheureusement Lambert Koty (
Photo) et compagnie tout en étant quasi certains que leurs consignes seront guère respectées.
Cette théâtralisation du contrôle a non seulement largement montré ses limites mais a tendance à ridiculiser leurs auteurs qui sont souvent obligés de répéter les mêmes refrains, en vainc.
N’est-il pas possible pour nos autorités de faire respecter les termes des contrats par voie judiciaire au lieu de continuer à se livrer ainsi en spectacle ? Boni Yayi, Armand Zinzindohoué et Nicaise Fagnon ont beau gronder, menacer de représailles les entrepreneurs mais sans avoir eu gain de cause. Au nom de la « Refondation », il faut changer de méthodologie en faisant appliquer la loi.
Félix OTENIA
Le 27/06/2011