Dans la foulée de contestation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 13 mars 2011, Me Adrien Houngbédji annonçait sa non participation aux législatives du 30 avril de la même année.
Après Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, Me Adrien Houngbédji vient de rejoindre le cercle des grandes personnalités politique très officiellement exclues de la course au fauteuil présidentiel au Bénin du fait du critère d’âge (70ans) imposé par la Constitution.
A l’exception du très emblématique Général-Président Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo et Bruno Amoussou sont toujours politiquement actifs : l’un dirigeant pour la deuxième fois consécutive la Mairie de Cotonou tandis que le second vient de se faire réélire pour la 6ème fois député à l’Assemblée nationale. Quant à Me Houngbédji, il semble avoir déjà pris sa retraite politique. C’est du moins l’impression qu’il donne depuis qu’il a annoncé en mars 2011 qu’il ne présenterait pas aux législatives d’avril 2011 et qu’il ne s’est effectivement pas présenté. Mais retraite politique ou pas, le candidat malheureux de l’Union fait la Nation à la dernière élection présidentielle peut-il se retirer définitivement de la vie politique ? Trois raisons semblent le contraindre à ne pas si vite fait ses adieux à l’action politique.
D’une part, Me Adrien Houngbédji accepterait-il voir partir en fumée son œuvre politique disparaître de son vivant sans rien faire ? En effet, les derniers événements de l’actualité politique nationale retiennent la démission de deux cadres du Parti du Renouveau démocratique (Prd), notamment le Secrétaire général du parti, Moukaram Badarou et le Directeur de cabinet du Président du parti, Joël Aïvo. Comme si ces deux départs ne suffisaient pas, il est annoncé d’autres pour les semaines à venir. Si Me Houngbédji ne met pas le pied à l’étrier, le parti politique qu’il a tant chéri court le risque de disparaître de l’échiquier politique.
Par ailleurs, le leader des ‘’Tchoco-tchoco’’ saura-t-il résister à la pression des Porto-Noviens qui, selon toute vraisemblance, s’apprêteraient à susciter sa candidature pour personnellement présider désormais à la destinée de la Capitale ? A en croire les informations qui filtrent, des mouvements se créent dans divers quartiers de Porto-Novo pour l’inciter à se présenter aux prochaines élections locales et communales. Au regard de tout ce que cette ville a apporté à Me Houngbédji politiquement parlant, il aura du mal à ne pas accepter l’appel des Porto-Noviens, si effectivement ceux-ci venaient à l’appeler à la rescousse. Car pour le développement de cette ville, il faut une forte personnalité de la trempe de Me Adrien Houngbédji à sa tête.
Enfin, le souvenir, l’ambition non réalisée et l’engagement politique de feu Moucharafou Gbadamassi, son compagnon et son confident de tous les instants, sont tels que le Président du PRD devra rebondir politiquement.
Dans la foulée, Me Adrien Houngbédji a semblé avoir fait comme Lionel Jospin qui prenait la fâcheuse décision de se retirer définitivement de la vie politique suite à son échec dès le 1er tour de la présidentielle de 2002 en France. Mais les conditions étant nettement différentes entre les cas Houngbédji et Jospin, il n’est pas à exclure que le Président du Prd revienne au devant de l’actualité politique. Wait end see !!!
Faustin B. ADJAGBA
Le 07/07/2011