Le football béninois est malade, profondément malade et a besoin d’une thérapie de choc pour renaître de ses cendres moites. Alors qu’on croyait le nouveau ministre susceptible d’administrer ladite thérapie, son intervention en direct sur l’émission « Pur Foot » de la télévision nationale de mardi soir n’est pas de nature à sauver le sport roi béninois.
Le nouveau ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, Didier Aplogan, que beaucoup d’acteurs sportifs créditaient des meilleures intentions vient de commettre sa première grosse faute. Sa conception de l’approche que les journalistes devraient avoir de la crise qui secoue le football étant digne d’une époque révolue.
En effet, quel mal y a-t-il pour un reporter sportif de formuler des critiques par rapport à la manière dont une autorité, fut-elle ministre de la République, aborde une question d’intérêt national ? Le travail du journaliste n’est-il pas avant tout celui d’objecteur de conscience ? Doit-on le blâmer pour la simple raison qu’il a osé critiquer l’approche d’un ministre, surtout quand il est question de deniers publics confiés à des personnes dont la légitimité et la crédibilité ne sont pas établies ?
C’est en somme le péché de lèse Majesté qu’aurait commis votre humble serviteur Félix Sohoundé Pépéripé mardi dernier sur le plateau de l’ORT au cours de l’émission « Pur Foot », à en croire la réaction épidermique, le ton colérique et les insultes à peine voilées dont il a été l’objet de la part du ministre Didier Aplogan.
Piqué par on ne sait quelle mouche, le ministre s’est fait très maladroitement invité dans l’émission. Didier Aplogan a montré à la face du monde son aversion pour la critique et sa difficulté à rester serein. Il est certes encore jeune et donc plein d’énergie ; mais en tant que ministre de la République, il devrait savoir raison gardée et avoir présent à l’esprit qu’un poste ministériel n’est ni un royaume ni une monarchie pour ne pas être critiqué.
Didier Aplogan se trompe d’époque et de cible en demandant à la presse de se taire. Non, nous ne nous tairons pas ! Bien au contraire, les premiers échos qui nous sont parvenus du monde entier suite à sa réaction nous confortent dans la position qui a toujours été la nôtre : toute les fois que les intérêts de la Nation seront menacés, nous nous joindrons aux âmes de bonne volonté pour dénoncer l’incurie. Quand on est une autorité et qu’on est mû par la volonté de servir le peuple, on n’intimide pas, on n’étouffe pas la vérité : on est ouvert d’esprit, on promeut plutôt les débats contradictoires.
Si le chef de l’Etat devrait intervenir directement sur les émissions, couvrir ses contradicteurs d’opprobres à chaque fois qu’il est critiqué, il y a très longtemps qu’il se serait écarté de l’essentiel de la mission que le peuple lui a confiée. On se demande alors si Didier Aplogan est bien conscient qu’en agissant comme il vient de le faire, il ne sert aucunement le Président Boni Yayi pas plus qu’il ne prend exemple sur son humilité et sa capacité à prendre de la hauteur ?
Félix SOHOUNDE PEPERIPE
Le 07/07/2011