La fréquente paralysie de l’administration publique due aux mouvements de débrayage organisés par la Cosynap freine la prodigieuse ambition du Chef de l’Etat de refonder le Bénin. Au rythme où évolue l’administration publique, Boni Yayi court le risque de passer encore une fois à côté de ses objectifs.
(Photo Pascal Koupaki: 1er ministre)
Un danger menace la nouvelle vision du Chef de l’Etat. Il a pour noms inertie, léthargie et stagnation.
En effet, à voir la recrudescence des mouvements sociaux qui ont fait leur lit dans l’administrative publique depuis 4 semaines, la « Refondation » prônée semble emboîter les pas au changement qui, cinq ans durant, n’a pu profondément changer positivement la vie des béninois. Au cours de son premier quinquennat, Boni Yayi s’était évertué à satisfaire les revendications des travaillants a été pratiquement surpris par la fin de son mandat sans pour autant véritablement atteindre les objectifs qu’il s’était fixé au cours de la campagne. Conséquence la paupérisation continue de dicter ses lois aux populations.
Au regard des insuffisances ayant marqué le changement, il proposera de refonder la République. Mais malheureusement, quatre mois après le début de son second quinquennat, la recrudescence des mouvements de grève est telle que le projet de « Refondation » est menacé.
Lors de son discours de déclaration de candidature le 29 janvier 2011 pour la présidentielle du 13 mars dernier, le chef de l’Etat fixait un délai de 12 mois pour mettre en place les réformes nécessaires devant soutenir sa nouvelle vision de développement de la République. « Si Dieu le veut et si le peuple en décide ainsi, le prochain mandat sera véritablement celui des grandes réformes, que je souhaite mettre en route au cours des douze premiers mois, pour engager la transformation politique, sociale et économique du Bénin », déclarait le candidat Yayi. Du discours de candidature à celui d’investiture en passant le projet de société, on peut dire sans se tromper que l’homme a pris la mesure de toutes les situations qui pouvaient occasionner une stagnation de sa nouvelle politique de développement. Mais les différents mouvements de paralysie de l’administration publique viennent lui rappeler qu’il n’est pas encore sorti des griffes des syndicats.
Et telle que se présente la situation, il est à craindre que le Chef de l’Etat ne passe encore une fois à côté de ses objectifs. « Pour opérer toutes ces réformes et atteindre les objectifs qui en découlent, je me propose de fédérer les intelligences et les synergies de tous les acteurs tant du secteur public que du secteur privé », disait-il le 13 mai lors de son discours au terme des élections législatives. Mais les acteurs du secteur public ne semblent pas encore disposés à accompagner le chef de l’Etat dans sa nouvelle politique. C’est du moins ce qu’on peut retenir des mouvements de grève qu’ils ont déclenchés et qui ne pourront pas leur donner le temps de la collaboration fructueuse que le Président de la République attend d’eux dans le sens des réformes conséquentes pour une administration de qualité. Boni Yayi, qui doit tout faire pour prouver sa bonne foi aux populations et tout mettre en jeu pour atteindre les objectifs, réussira-t-il à changer la mentalité des uns et des autres et à faire inculquer sa politique aux syndicalistes ? Cinq ans, c’est loin et c’est également proche. Au regard de ce début de cristallisation des négociations centrales syndicales-gouvernement, le Dr Boni Yayi ne risquerait-il pas d’être surpris par le temps ? Tout porte à croire que la « refondation » emboîte les pas au changement.
Félix OTENIA
Le 11/07/2011