Dans une lettre ouverte qu’elle vient d’adresser au ministre de la Jeunesse, des Sports et loisirs Didier Aplogan, le Front béninois de défense du Football fustige la réaction de l’autorité suite à l’interview, sur la crise à la Fédération béninoise de Football, qu’elle a donnée à un quotidien de la place en début de semaine.
Nous vous publions le contenu de cette lettre ouverte adressée à Didier Aplogan…
LE FRONT BENINOIS DE DEFENSE DU FOOTBALL
Téléphones 21 03 81 81 / 97 89 38 83/ 95 25 05 65
Email : frontdefensefoot@yahoo@fr
01 BP 78 Cotonou-Bénin
Cotonou le 11 juillet 2011
A
Monsieur le Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs
Objet : Lettre ouverte relative à votre interview
sur la crise à la Fédération Béninoise de Football
Monsieur le Ministre,
Comme suite à votre interview dans le journal : « L’Autre Quotidien » du lundi 11 juillet 2011, nous venons, par la présente, vous exprimer à la fois nos impressions de supporter de football et de lectrice de l’organe d’information.
Nous avons l’obligation de vous adresser cette lettre, car, les supporters constituent le douzième homme de toute équipe de football, donc un acteur majeur qui ne peut, seulement, se contenter de se trémousser dans les gradins, sans prendre part à l’animation de la vie footballistique de son pays.
Sur vos traces, nous n’allons pas non plus garder la langue de bois pour dire ce que nous ressentons et pensons de vos propos au sujet du dénouement éventuel de la crise au sein de la Fédération Béninoise de Football.
D’entrée de jeu, vous semblez renvoyer dos à dos les deux parties, voire vous leur suggérez de se référer aux instances judiciaires et structures faîtières internationales du football. Vous aviez même déclaré, je vous cite :
« Je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Donc je ne peux pas juger de qui a raison ou non.
Et je réalise aujourd’hui que c’est ce que les gens attendent de moi. Et même s’il y a eu des fautes à des endroits, il y a des personnes compétentes pour décider dans notre pays.
Le pouvoir judiciaire est séparé de l’exécutif. Aujourd’hui, s’ils sont en conflit, qu’ils règlent ça entre eux, qu’ils aillent aux tribunaux, à la CAF et la FIFA s’ils veulent. Mais, nous avons le droit de veiller à l’ordre public.
Tant qu’ils n’ont pas troublé l’ordre public, nous n’intervenons pas. Je veux dire que le fond de la question est en cours d’analyse, que le TAS statue »
Ces propos, monsieur le Ministre, seraient demeurés clairs et auraient apaisé plus d’un supporter de football si, plus haut, vous n’aviez pas déclaré, je vous cite :
« J’ai rencontré les parties antagonistes, les extrémistes et les modérés. Donc nous avons engagé les discussions. J’aurais souhaité, qu’on trouve une solution interne plutôt que de nous battre à l’international »
Monsieur, le Ministre, tantôt, vous suggérez la voie judiciaire, tantôt, vous préférez un règlement à l’interne, donc à l’amiable, pour le dénouement de la même crise.
Ayez l’amabilité de reconnaître avec nous que les deux voies que vous conseillez pour régler ce conflit sont diamétralement opposées. Cela, avouons-le, sème une terrible confusion dans la tête des supporters que nous sommes.
En effet, tout en ne voulant pas être juge comme vous l’aviez déclaré plus haut, comment pouvez-vous, monsieur le Ministre, vous permettre d’indexer une partie d’extrémiste et l’autre de modérée ?
Ne trouvez-vous pas que vous portez déjà des jugements sur les uns et les autres ? Certains sont –ils plus fréquentables ou acceptables que d’autres ?
Votre souhait est-il, vraiment, que les instances judiciaires tranchent le différent entre les deux parties ?
Si c’en est le cas, attendons, comme vous le souhaitez, que le Tribunal Arbitral du Sport statue.
Pourquoi, alors, dîtes-vous encore que vous auriez souhaité qu’on trouve une solution interne plutôt que de nous battre à l’international ?
Mieux, vous semblez menacer toute personne qui n’accepterait pas la réconciliation qui, selon vos dires, est la solution préconisée par l’Etat voire la panacée.
J’étaye mes arguments par vos propos, je vous cite : « J’ai eu d’autres initiatives venant des joueurs, d’enfants, de certains niveaux qui pensent exactement comme l’Etat et qui vont nous aider à trouver des solutions.
Mais, toujours est-il que, si quelqu’un essaye de faire obstruction à la réconciliation, nous nous opposerons à la personne »
Monsieur le Ministre, nous voulons savoir sur quelle base se fera une réconciliation après une décision de justice ? Que faites vous de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire que vous prôniez plus haut ?
Tout semble croire que l’exécutif a pris partie pour ceux que vous désignez sous le vocable de « modérés » et qu’il tient à les sauver coûte que coûte, quitte à léser les autres dans leur droit.
Pouvons-nous, ainsi, sur des frustrations, voire avec des menaces, construire, une société juste où règnent l’harmonie, la liberté, les bonnes mœurs et la fraternité ?
Pensez-vous, monsieur le Ministre que la mauvaise gouvernance et le manque de vision de ces modérés peuvent-ils faire bon ménage avec la rigueur et la gestion axée sur les résultats des extrémistes ?
Alors à quoi bon leur imposer une cohabitation impossible, voire infernale dont le football béninois en sortirait meurtri ?
Cette cohabitation, croyez-nous monsieur le Ministre, dégoûterait du football plus d’un Béninois. En effet, les résultats obtenus par les uns et les autres sont largement significatifs pour permettre au public sportif de les évaluer respectivement.
Nous avons le sentiment que le Gouvernement veut absolument nous imposer un responsable de football qui ne se sent plus en sécurité au stade et qui le fuit avant la fin des matchs? Le berger ne vit –il pas au milieu de son troupeau ?
Pourquoi s’acharner contre des gens qui ont la volonté de faire évoluer notre football, cela aux prix d’énormes sacrifices financiers ?
L’équité, la justice, la vérité, la sagesse, et la droiture doivent, rappelons-le, guider les hommes et les femmes qui cherchent à œuvrer au progrès de l’humanité.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations les plus sportives.
La Secrétaire Générale
Ginette Ablamba JOHNSON
Le 13/07/2011
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