« La réforme du sport au Bénin » : ainsi s’intitulait l’émission diffusée vendredi dernier par la télévision nationale et qui a permis au ministre de la Jeunesse, des sports et des loisirs Didier Aplogan (Photo) d’exposer les grandes lignes de sa politique.
Malgré les rares éclaircis que nous donnent à voir certaines disciplines sportives, le sport béninois est globalement malade, et a besoin d’être repensé. Le mauvais état de santé du sport béninois s’illustre par plusieurs situations : mauvais rendements, crises quasi permanente dans les fédérations, insuffisance ou inexistence d’infrastructures sportives, non implication des collectivités dans la gestion des associations sportives, rareté des moyens financiers, et la liste est longue.
Alors, comment le ministre entrevoit-il la renaissance du sport béninois ? Répondant aux questions de nos confrères Hugues Zounnon et Angelot Amoussou, Didier Aplogan a indiqué les points saillants de son programme qui tourne autour de la vision du chef de l’Etat ; il veut donc construire les réformes autour des grands axes du programme de société du président Boni Yayi.
La formation
D’entrée il a insisté sur la nécessité de la formation et de l’éducation. Pour étayer son idée, il a cité l’exemple des centres de formation tels que le Cifax de Sébastien Ajavon et les Tanékas du président Ahouandjinou. « L’avenir est dans la formation », a-t-il indiqué avant de dire qu’il entend procéder à un recensement de l’ensemble des centres de formation, la mise à contribution des techniciens de sport. Mais de façon concrète, tout ceci se fera grâce à l’expertise de la Direction de la formation qu’il préconise de créer ; ainsi qu’une amélioration substantielle du budget que le gouvernement alloue annuellement au département sport et qui serait de l’ordre de 0,5% du budget national.
L’implication des villes
« La vérité chez nous se trouve dans les Mairies », a dit le ministre qui prône l’implication des villes dans la gestion des associations sportives. Pour lui, les villes doivent progressivement aller vers la spécialisation par discipline sportive et les Mairies doivent carrément intégrer les Conseils d’Administration des clubs. A titre illustratif, la ville de Parakou étant en jumelage avec la ville d’Orléans qui a l’une des meilleures équipes de basketball en France et en Europe, les autorités de la cité des Kobourous devra par exemple penser à la spécialisation en cette discipline. Il en serait par exemple des communes lacustres qui présentent les prédispositions naturelles à la pratique des sports nautiques.
Réaménagement des programmes scolaire et développement du sport universitaire
C’est une priorité pour Didier Aplogan qu’il faut repenser « …le sport scolaire qui fait partie de la batterie… » des réformes qu’il veut conduire. Mais cela ne se peut sans un réaménagement des programmes scolaires. Ce qui sous-entend une concertation entre le ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs et de tous les ministères impliqués dans les divers ordres d’enseignement. Comme c’est le cas dans la plupart des pays occidentaux, l’université doit être le pole par excellence du développement du sport. Ce qui nécessitera un ensemble de mesures dont inévitablement la construction d’infrastructures adéquates.
Infrastructures et moyens financiers
Pour un développement harmonieux du sport, le ministre veut mettre un accent particulier sur une nouvelle politique d’infrastructures tournée d’une part vers un suivi régulier des chantiers en cours puis orientée vers la recherche de financement pour la construction de nouvelles. Il citera en exemple les dommages créés aux volleyeurs et basketteurs de l’Unafrica du fait de la suspension des travaux par des entrepreneurs indélicats. En somme, Didier Aplogan veut rompre avec le laxisme qui a fait que son département est devenu « …le ministère des baux litigieux ». Par ailleurs, Didier Aplogan veut amener les responsables d’associations à une gestion saine des finances, gage d’un partenariat assuré et pérenne avec les sponsors, l’Etat et les partenaires étrangers.
Plusieurs autres sujets ont été abordés au cours de cette émission par le ministre. Par exemple, l’accompagnement qu’il attend des professionnels des médias qui ont, certes, la volonté mais qui doivent se constituer en véritable presse de sport. Aussi a-t-il effleuré la crise qui secoue actuellement le football en invitant les parties en conflit à reprendre langue le plus rapidement possible. Conscient du caractère éphémère de son poste, Didier Aplogan voit plutôt le développement du sport béninois du point de vue institutionnel que sous l’angle des individus.
Précisons que le ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs a décerné un satisfecit aux disciplines telles que les arts martiaux, le handball et l’athlétisme pour leurs comportements exemplaires et leurs prestations.
Faustin B. ADJAGBA
Le 18/07/2011