Le gouvernement et les Centrales syndicales se livrent une guerre qui met en veilleuse la mise en œuvre des réformes administratives. Des chiffres sont avancés tous azimuts par les camps en conflit qui tentent de convaincre le peuple.
(Photo Premier ministre Irené Koupaki)
34,29% ; 35%, 45%, 65% avec des milliards par-ci et par-là. C’est le spectacle auquel assiste, médusé, le peuple béninois qui se pose des questions. Du gouvernement aux partenaires techniques et financiers en passant par les Centrales syndicales, les populations veulent savoir qui détient exactement la vérité des chiffres ? Qui croire ? Et qui suivre ?
Dans une déclaration tenue le vendredi 15 juillet dernier à la Bourse du travail, Laurent Mètognon, Secrétaire général de la Fesyntra-Finances, preuves à l’appui, expliquait que le pourcentage de la masse salariale au Bénin (qui serait encore autour de 34,29%) n’a jamais atteint ou dépassé les 35% (ratio masse salariale/recette fiscale à ne pas dépasser dans la sous-région). Pour les syndicalistes, le gouvernement a bel et bien les moyens pour satisfaire leurs revendications. De ses propos, le taux de 45% avancé par le chef de l’Etat en ce qui concerne le dépassement du ratio masse salariale/recette fiscale, est remis en cause. Une thèse balayée du revers de main par l’exécutif.
Sur les plateaux de la chaîne publique, le ministre de développement, de l’analyse économique et de la prospective Marcel de Souza, expliquant les raisons qui sous-tendent l’impossibilité du gouvernement à satisfaire les revendications des travailleurs dira, toujours en relation avec le ratio masse salariale/recette fiscale : « nous sommes hors normes, parce que le gouvernement béninois en est aux 65% ». Alors au regard de cette cacophonie et confusion qui s’installent autour de ce taux de 35%, on se demande si les uns et les autres ne font pas preuve de mauvaise volonté pour conjuguer la crise sociale au passé ?
Pour les Centrales syndicales, le gouvernement dispose des moyens pour satisfaire les revendications des travailleurs. Du côté du gouvernement, on récuse et on démontre que les caisses de l’Etat sont au ‘’rouge’’. A ce jeu de ping-pong, quand est-ce qu’une solution sera trouvée à la crise qui paralyse l’administration publique ? Quand sortirons-nous de cette galère administrative ?
Félix OTENIA
Le 21/07/2011