Les caisses de l’Etat seraient vides ou en difficultés. La nouvelle se fait de plus en plus vive, inquiétante et plonge les travailleurs dans le désarroi. En plus de la rumeur qui circule, le communiqué de la ministre de l’Economie et des Finances vient plomber l’atmosphère déjà pesante chez les travailleurs qui ne savent plus à quels saints se vouer.
Dans un communiqué laconique, la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Adidjatou Mathys (
Photo), invitait les agents permanents de l’Etat (Ape) à la patience du fait du retard qu’accuseraient les salaires du mois de juillet. Ceci en raison des défalcations à opérer sur le salaire des grévistes.
Mais à l’analyse, on se demande si ce communiqué ne lève pas un coin de voile sur l’état réel de l’économie et sur les difficultés de trésorerie auxquelles le gouvernement béninois serait confronté.
De sources proches du ministère de l’économie et des finances, l’administration publique aurait un effectif évalué à près de 83.000 fonctionnaires dont les salaires ont toujours été traités à temps. Plusieurs défalcations sur salaires ont été opérées par le passé sur les salaires des fonctionnaires grévistes sans pour autant empiéter sur la date de paiement des salaires. Que la ministre Mathys justifie le retard du paiement des salaires du mois de juillet par le fait de la défalcation pour fait de grève chez seulement 1500 agents, ne convainc pas grand monde.
La vérité semble être ailleurs et est d’ailleurs l’objet de diverses supputations. De sources proches des services financiers du ministère en charge de l’économie, il semblerait que les caisses de l’Etat soient vides en raison des difficultés de certaines régies financières, dont la Douane béninoise, qui peinent à satisfaire les attentes du gouvernement. Selon des sources généralement crédibles et proches de l’administration douanière, les prévisions budgétaires à atteindre en juin-juillet sont nettement en deçà des espérances du gouvernement. A preuve, Marcel de Souza, ministre du développement, de l’analyse économique et de la prospective, répondant récemment à la question d’un confrère de la chaîne de télévision de service publique, expliquait que le Bénin ne disposerait que de 49 milliards F CFA dans sa trésorerie. Lorsqu’on passe en revue les milliers de projets de développement et les multiples exigences auxquelles le gouvernement doit fait face, 49 milliards paraissent bien trop maigres.
La trésorerie béninoise paraît véritablement tendue et rappelle malheureusement aux fonctionnaires la triste période de banqueroute et de cessation de paiement sous le régime militaro-marxiste du président Mathieu Kérékou. D’où l’interrogation d’un agent permanent de l’Etat : « avons-nous fait l’option de la démocratie pour retourner dans les mêmes travers que sous le Prpb ? ».
Félix OTENIA
Le 21/07/2011