Depuis plusieurs mois, les travailleurs de l’administration publique ont déclenché des mouvements incessants de débrayages qui paralysent les activités le pays. De concertations en négociations, la rencontre gouvernement-Centrales syndicales du vendredi prochain est perçue du côté syndical comme le dernier virage pour la résolution de la crise.
Les usagers de l’administration publique, longtemps meurtris par l’inertie des activités au sein des ministères, pousseront bientôt un ouf de soulagement, est-on tenté de dire. En effet, à en croire Georges Kakaï Glèlè, Secrétaire général de la Cosi, qui affichait une sérénité aux sorties des négociations du mardi dernier, le bout du tunnel est pour ce vendredi. ‘’Tout est rejeté au vendredi. On pourra finir avec ses négociations. La Cosynap a initié d’autres propositions. Nous irons consulter notre base et les ministres rendrons compte au président de la République….et on s’entendra sur comment instituer les 1,25% à tous les travailleurs’’, a-t-il précisé. Le vendredi 22 juillet 2011 se présente donc comme celui de tous les enjeux. Trouveront-ils une porte de sortie ? S’entendront-ils autour des propositions introduites par la Cosynap ? Toujours est-il que le débrayage de cette semaine suit son cours.
Le dilemme de Yayi
Les syndicalistes ont affiché leur volonté de mettre fin à la crise sociale si et seulement si le gouvernement lâchait du lest. En effet, la Cosynap, entendez Coalition des syndicats de l’administration publique, a envoyé au gouvernement par le biais des Centrales syndicales, une proposition qui favoriserait les deux camps. De sources syndicales, la fameuse proposition consisterait en la reprise du décret présidentiel abrogé et qui octroi les 1,25 du point indiciaire aux agents des finances et son extension à tous les travailleurs de la fonction publique, avec application pour compter du 1er janvier 2011. A la question de savoir si le gouvernement pourrait adhérer cette nouvelle proposition, les syndicalistes répondent par l’affirmative, arguant que les moyens existent bel et bien pour satisfaire les travailleurs.
Lorsqu’on se réfère à la logique du gouvernement qui évoquait récemment encore les exigences des partenaires techniques et financiers ainsi que le respect du ratio sous-régional masse salariale/recette fiscale, on peut conclure que même s’il était disposé à adhérer à la proposition du Cosynap, le problème restera entier. Surtout que la décision de la Cour constitutionnelle est aussi là comme une barrière infranchissable par Boni Yayi et son gouvernement ; et que la satisfaction des revendications des travailleurs engagerait l’Etat à débourser 1,5 milliards par an pour les agents du ministère des Finances et 22,5 milliards par an pour tous les fonctionnaires de l’administration publique, Boni Yayi acceptera-t-il la nouvelle proposition du Cosynap ? N’allons-nous pas vers un durcissement de ton et un enlisement de la crise ?
Félix OTENIA
Le 21/07/2011