Après trois mois d’instruction minutieuse dans le dossier de malversations nées du sponsoring MTN/FBF, le 25 juillet dernier fut un lundi noir pour le président de la Fédération Béninoise de Football qui a été simplement déposé à la prison civile de Cotonou pour les besoins de l’enquête par le juge du deuxième cabinet du Tribunal de Première Instance de Cotonou en charge dudit dossier. Votre journal qui suit l’évolution de ce dossier a glané pour vous lundi dernier au Tribunal, les circonstances de la mise aux arrêts du président Moucharafou Anjorin.
Depuis le 26 avril 2011 où le président de la Fébéfoot Anjorin Moucharafou inculpé dans une affaire de malversation dans le football a été écouté pour la première par le juge d’instruction, les plaignants s’attendaient à ce qu’il soit mis aux arrêts pour en découdre avec lui. Mais c’était sans compter avec le professionnalisme et l’impartialité de notre justice qui n’a pas jugé opportun l’usage de cette méthode. Mais trois mois après sa première comparution, soit le lundi 25 juillet dernier, le président de la Fébéfoot Anjorin Moucharafou a vu sa liberté restreindre, lui qui, quelques semaines plus tôt, parcourait plusieurs pays malgré sa mise en examen par le juge d’instruction.
Les circonstances de l’établissement du mandat de dépôt
L’instruction du lundi dernier devant le juge du deuxième cabinet n’était pas comme les autres. Elle a duré pratiquement toute la journée. Sûrement que le juge, en toute responsabilité, a voulu passer au peigne fin quelques points d’ombres dans ce dossier de malversations financières dans la gestion du football national. Selon nos investigations, l’instruction a démarré par l’audition du ministre Clément Dègbo, Directeur de Cabinet au Ministère en charge des Sports au moment des faits, et du Directeur des ressources financières et du matériel. Ces derniers ont été autorisés par le juge à disposer aussitôt. Ce fut après le tour du président Anjorin Moucharafou de passer aux aveux. Son audition aurait été la plus longue. Au cours de l’audition, le juge aurait passé à l’étape de réclamation, point par point, des pièces comptables justificatives à chaque décaissement important opéré sur le compte de la fédération par le président de la Fébéfoot dans la période de référence.
D’une manière ou d’une autre, il s’agissait pour l’inculpé, assisté de son Conseil et de la Comptable de la Fébéfoot, d’affecter à chaque décaissement les « justifs » correspondants. C’est cet exercice qui a semblé être le plus contrayant pour l’inculpé. Ce dernier n’a pas pu fournir toutes les preuves des décaissements mentionnés sur le relevé bancaire de l’institution.
Le juge, selon nos informations, a dû suspendre la séance de plusieurs heures pour permettre à l’inculpé de le convaincre. Malheureusement, les allers et retours de la Comptable à la recherche des pièces n’ont pu grand’ chose. C’était à croire que les concernés n’attendaient pas le juge sur ce chemin. Plusieurs pièces justificatives des décaissements autorisés par l’inculpé ayant fait défaut, le juge a tout simplement établi en début de soirée de ce lundi, le mandat de dépôt contre l’inculpé sur qui pesaient de véritables soupçons de malversations financières.
Rappel des faits
Une plainte avait été déposée à la Brigade économique et financière (BEF) contre le président de la Fédération béninoise de football El Hadj Moucharafou Anjorin par quatre de ses collègues démissionnaires du Comité exécutif. Ces derniers lui reprochent la mauvaise gestion des fonds du contrat signé le 14 janvier 2008 entre SPACETEL BENIN SA et la Fédération béninoise de Football.
Selon ces derniers, à l’article 3 de ce contrat, il est noté que MTN doit verser chaque année à la Fédération béninoise de Football 98.000.000 F CFA HT et que chaque année, cette somme est majorée de 5% ; mieux, que ce contrat, à son article 5, va de 2008 à 2010 soit une durée de trois ans…
Les anciens collaborateurs du président Moucharafou Anjorin dénoncent la non traçabilité de la gestion des 300 millions FCFA dans les états financiers de la Fédération béninoise de football exercice 2009 et 2010 alors que cette société de téléphonie mobile a bel et bien versé les sous.
A la page 56 de l’exercice 2009 dans la rubrique « Sponsoring MTN » il est
écrit : 15 millions 200 mille et dans l’exercice clos en septembre 2010 à la page 66 : « Sponsoring MTN » : 18 millions 885 mille … Pour l’année 2008, le montant fait 32 millions 797 mille 850 Fcfa…
Ils considèrent qu’avec les 5% de majoration, la Fédération présidée par Moucharafou Anjorin devrait se retrouver avec plus de 300 millions de F CFA, or le total des sponsorings MTN s’élève à 66. 882. 850 FCFA.
Incroyable mais vrai !
Eric Durand, chauffeur personnel de Issa Hayatou, et sa société IFAP Sport (appartenant à Hayatou selon les indiscrétions mais gérée par Eric Durand) basée à Paris, perçoivent 50% du contrat. Le Ministère de tutelle et la FBF se partagent les 50% restant (soit 50%, 50%).
(Affaire à suivre)
FSP
Le 26/07/2011