
15ème Moussa Okanla : 08,75 ; Ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur
Le président de la République est obligé d’être sur tous les fronts. Même si cet engagement a ses avantages, l’impression qui se dégage est que le ministère ne mène pas une politique offensive diplomatique de grande envergure. Généralement modestes, les diplomates béninois ont la mauvaise réputation de s’autodétruire. Cette difficulté interne à leur corps est résumée par un diplomate étranger en ces termes « si ce n’est pas moi le docteur, que le patient trépasse ! ». A cela s’ajoute les conflits de générations prenant parfois l’allure d’un combat de nègres dans un tunnel. L’organisation de la Cen Sad à Cotonou n’est que l’arbre qui cache la forêt. Malgré ses atouts diplomatiques, le Bénin représente une terra incognito dans le concert des nations. Les Béninois de l’extérieur ne sont pas aussi organisés comme les Maliens ou les Sénégalais dont la contribution au développement de leur pays doit nous inspirer.
16ème Juliette Koudénoukpo : 08,50 ; Ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature
L’ampleur de la pollution de l’eau (Ganvié, lagune de Cotonou etc) et de l’air(les grandes villes), les dégradations de la nature et des milieux urbains, les embouteillages, le bruit et la léthargie de la police environnementale suffisent à elles seules pour sceller le sort du ministre. A part le premier juin où ce ministère initie la mise en terre de plants dans le cadre de la journée nationale de l’arbre, on a l’impression que ce département manque d’initiatives probantes. Le système de monitoring cyclique mis en place par l’ex ministre Luc Gnacadja est délaissé ainsi que la lutte contre la pollution menée à Cotonou. Ce ministère manque de politique cohérente de préservation de la nature.
17ème Vicentia Bocco : 08,25 Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
Les milieux universitaires ploient sous le coup d’une crise profonde qui risque de conduire, si rien n’est fait, à une situation explosive. Du contenu des programmes aux revendications des étudiants et des enseignants en passant par la tricherie et la flemme, le prestige de l’enseignement supérieur public au Bénin est redoutablement entamé. Les conditions de vie et de travail des étudiants ne font que se détériorer. Le rectorat et le Cenou- cas de l’Uac- se rejettent la responsabilité de la construction des amphithéâtres. La recherche ne bénéficie pas de l’intérêt et du soutien requis.
18ème Roger Gbégnonvi : 07,25 : Ministre de l’Alphabétisation et des Langues nationales
On espérait mieux de lui. Mais hélas, Roger Gbègnonvi a préféré dès sa prise de fonction le verbe à l’action. Certes, il occupe le département « linguistique » mais ce n’est pas une raison pour discourir tout le temps. Nos langues sont riches et ne demandent qu’à être valorisées. Cependant, le recours à certaines personnes ressources pour conduire au mieux la politique d’alphabétisation semble cependant une première réussite. Mais les hommes et les discours ne suffisent pas. Du concret, monsieur le ministre !
19ème Christine Ouinsavi : 09 ; Ministre des Enseignements primaire et secondaire
Les récentes réformes introduites dans l’enseignement primaire, surtout au niveau de l’examen du Cep sont en passe de la rendre impopulaire. Toutes les actions d’accompagnement pour démocratiser l’éducation peuvent être annulées par les nouvelles conditionnalités de réussite.
20ème Armand Zinzindohoué : 06,30 Ministre délégué auprès du Chef de l’Etat chargé des Transports et des Travaux publics
Le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas du bien. Trop de chantiers sont ouverts et font trop de bruits. Le ministre court et parle pour séduire sur la pertinence des activités. Le griotisme soutient une dynamique politique, au point que les transports sont laissés pour compte. Trop de bruit pour rien. Et si la qualité des chantiers livrés ou à livrer s’en ressentait?
21ème Bernadette Agbossou Sohoudji : 06,50 ; Ministre de l’Enseignement Secondaire et de la Formation technique et professionnelle
Le portefeuille semble toujours ne pas être maîtrisé par Madame. Mais sa disponibilité à assister davantage les acteurs a pour conséquence, une accalmie dans le monde bouillant et tumultueux des enseignants. Les fruits ne tiennent pas encore la promesse des fleurs.
22ème Sacca Lafia : 05 ; Ministre des Mines et de l’Energie
De très bonnes initiatives sont annoncées pour la maîtrise de la crise énergétique, mais elle demeure ambiante et plus éprouvante. Des dispositifs pour suppléer au manque créé par le barrage d’Akossombo au Ghana ne sont toujours pas visibles, pas plus qu’ils ne sont fonctionnels. Le peuple pleure et ne comprend pas qu’à ce siècle, on vivrait comme les précambriens, à l’âge de la pierre taillée. Il en est de même pour l’exploitation des mines qui demeurent incontrôlée et artisanale. Au secours, le délestage est là encore et plus que par le passé à nos trousses.
23ème Clémence Gnimbéré Dansou : 03,25 ; Ministre de la Famille, de la femme et de l’enfant
L’anonymat ambiant marqué par l’absence d’activités interroge sur l’opportunité et l’utilité du département. Les ressources destinées aux couches défavorisées sont littéralement grugées par des associations fictives. Que faire ? En attendant de nommer un autre ministre, l’actuelle occupante fait désormais parte des sept sages de la Cour Constitutionnelle.
24ème Alexandre Hountondji : 02 ; Ministre Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement
La parole semble trop porter au point de déranger les milieux politiques. Domaine littéralement partagé, le ministre semble parfois se confiner aux comptes-rendus de Conseils, sans pour autant défendre la vision du Gouvernement. Il joue mal son rôle parfois, au point de compromettre les actions de son maître. Il aurait dû ne pas troquer sa blouse de médecin contre la veste d’un technocrate chevronné.
25ème François Gbénoukpo Noudégbessi (Photo): 01 ; Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, de la Réforme foncière et de la Lutte contre l’érosion côtière
L’urbanisation des grandes agglomérations béninoise est contrôlée dans la quasi-totalité par les privés. Les monitorings réguliers organisés autrefois pour mesurer les performances du département sont tombés aux oubliettes. Le contrôle des édifices publics n’émeut personne et ceux-ci tombent, occasionnant des pertes en vies humaines. Les espaces verts ont disparu comme par enchantement et la réforme foncière n’est pas encore véritablement amorcée. La majorité des béninois ne peut habiter les villas cossues construites pour abriter les hôtes de marque arrivés au Bénin à l’occasion du sommet de la Cen Sad. A quand une réelle politique d’habitations sociales pour tous.
26ème Sakinatou Abdou Alfa Orou-Sidi : 0,50 ; Ministre de la Micro finance, de l’emploi des jeunes et des femmes
La non maîtrise de l’affaire Padme a failli jeter du discrédit sur le gouvernement. On note une incompétence notoire. La forte intervention du Gouvernement cache les contre performances enregistrées. Le Chef de l’Etat joue à lui-même ce rôle. Sinon, comment expliquer l’abandon du volet « emploi des jeunes » qui reste le parent pauvre.
(A suivre)
Le 07/07/2008